A Masterly Hand / Scientia Artis 9

Chasuble de Saint Quirin – glacis sur les couches opaques La technique de superposition d’un glacis et d’une sous-couche opaque a été utilisée pour décorer la chasuble de Saint Quirin. Étant donné que la statue a été repeinte plusieurs fois, le premier échantillonnage a été fait sur la base d’ob- servations macroscopiques préalables effectuées par le restaurateur sur l’épaule droite, dans un décor peint en noir près d’une dorure locale, et le second dans la partie basse, sur la bordure. Malgré cette étude préalable, l’interprétation de la stratigraphie n’a pas été évidente, bien que l’échantillon ait été prélevé dans une petite zone originale ayant été dégagée (fig.  9.8) 38 . 50 μm 1 2 3 4 5 9.8 a 9.8 b 9.8 c La première couche rouge brique (terres rouges argileuses) appliquée sur la préparation pourrait être assimilée à une sous-couche préparatoire pour un décor en relief – observé en lumière rasante – similaire aux broc arts 39 . O n y observe ensuite une seconde sous-couche opaque, composée de vermillon et de terre rouge plus pure, que nous avons attribuée à la surface de la chasuble autour des brocarts. Elle a d’abord été couverte d’une fine couche de vernis, pour raviver la couleur rouge, puis décorée d’une feuille d’or visible sur la zone dégagée ainsi qu’un motif au noir de charbon. La couche noire est couverte d’un glacis rouge, contenant une laque rouge préparée à partir de bourre ton- tisse, comme l’indique l’analyse par microscopie infrarouge et microscopie électronique à balayage. La source biologique des colorants n’a pas été identifiée et nous ne pouvons donc pas confirmer s’il s’agit de la même laque que celle de la gueule du dragon. Néanmoins, ces deux laques ont le même type de substrat, ce qui indique que la même technique a été utilisée pour leur manu- facture. Manteau de la Vierge au croissant – glacis sur or Plusieurs décorations des vêtements dorés de la Vierge au croissant de Liège comprennent des gl acis 40 . L a bordure de son manteau est décorée de fleurs, de fraises ou encore de lettrages, transparents et semi-transparents. Les fleurs bleues et les tiges vertes des fraises gardent aujourd’hui encore leur belle­ couleur très lumineuse, car elles ont été peintes avec des pigments inorga- niques. Les pétales sont peints avec de l’azurite et les tiges avec du vert-de-gris mélangé avec du blanc de plomb et du carbonate de calcium. Deux micro­ échantillons ont été prélevés dans les décors de la bordure du manteau de la Vierge de Liège, l’un dans le lettrage orangé (fig. 9.9a) et l’autre dans une fraise Fig. 9.8 Saint Quirin de Malmedy, Gerdingen, église Notre-Dame, décor peint en noir sur la chasuble a Zone de prélèvement localement dégagée b Coupe stratigraphique sous lumière visible c Coupe stratigraphique sous lumière UV La coupe montre une première sous-couche rouge ocré (1) puis une sous-couche rouge vif (2) couverte d’une fine couche de vernis (3), une couche noire (4) correspondant au décor peint entièrement couverte de glacis rouge (5) ayant une laque rouge préparée à partir de la bourre tontisse.

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