A Masterly Hand / Scientia Artis 9

187 Jana Sanyova and Cécile Glaude 9 186 Raman (µ-MRS), microspectroscopie infrarouge (FTIR), chromatographie en phase gazeuse couplée au détecteur de masse avec pyrolyse (py-GCMS) et chromatographie en phase liquide à haute performance couplée au détecteur UV-­visible à barrettes de diodes (HPLC-D AD) 5 . P our utiliser la microscopie ­ électronique environnementale (ESEM-EDX), nécessaire à l’étude de la pureté des feuilles métalliques, nous avons fait appel à l’École royale milit aire 6 . N os résultats sont ici résumés et discutés selon le type et la fonction des matériaux étudiés. Les couches préparatoires Toutes les statues ont une préparation de même composition : à base de craie et de colle. Son épaisseur varie de 250 à 700 micromètres, selon le nombre de couches. Nous avons pu distinguer trois couches en dessous de la feuille d’argent mate du dragon, l’attribut de saint Quirin, onze en dessous du ­manteau de la Sainte Anne d’Elsloo et cinq en dessous de l’argent poli du Saint Antoine de Neeroeteren. Les tendances restent donc classiques, comme c’est souvent le cas dans des polychromies du xv e et de la première moitié du xvi e siècle : la prépa- ration est épaisse en dessous des feuilles polies et fine en dessous des feuilles mates, comme sous les carnations. Dans plusieurs cas, pour la Sainte Anne Trinitaire par exemple, la préparation présente des bulles d’air ; sans doute le mélange de craie et de colle a-t-il été appliqué à chaud (fig. 9.2). Bien que la couche d’isolation de la préparation ne soit pas perceptible sur toutes les coupes étudiées, nous pensons cependant qu’elle a tout de même été appliquée. Les feuilles métalliques Trois types de feuilles métalliques ont été trouvés : la feuille d’or, la feuille d’argent et la feuille d’or parti (résultat du battage d’une feuille d’or et d’une feuille d’argent ensemble, mieux connu sous le terme allemand Zwischgold ). Ces feuilles sont appliquées selon deux techniques différentes : soit elles sont posées sur une couche de « bolus » (voir plus loin) rouge puis polies, soit elles sont posées sur une mixtion huileuse et restent plus ou moins mates. L’épais- seur des feuilles est dans tous les cas inférieure à 1 micromètre (elle varie entre 0,2 et 0,7 µm). 1.  Dorures polies Les dorures polies, appliquées sur une couche rouge orangé ou brunâtre com- munément appelée « bolus », sont présentes dans cinq sculptures de notre série : Fig. 9.2 Sainte Anne Trinitaire, Elsloo, église Saint-Augustin a Localisation du prélèvement provenant du bras gauche de sainte Anne b Coupe stratigraphique sous lumière UV, montrant les couches successives de préparation ainsi que les bulles d’air suggérant une application à chaud c Coupe stratigraphique sous lumière visible après sa coloration à la fuchsine, montrant la nature protéinique de la préparation 9.2 a 9.2 b 9.2 c 250 μm 250 μm

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