A Masterly Hand / Scientia Artis 9
Pays-Bas méridionaux et des régions allemandes nous ont tout de même permis de dégager quelques tendances concernant les pratiques de ces ateliers « trans- frontaliers ». Sculptures étudiées Les sept sculptures ont été sélectionnées sur la base d’un examen macroscopique préalable effectué soit aux lunettes-loupes in situ soit au binoculaire dans l’ate- lier de conservation-restauration de l’IRPA. Des échantillons ont pu être prélevés à l’IRPA sur deux d’entre elles : le Christ en croix de l’église Saintes- Herlinde-et-Relinde à Ellikom (fig. 13.1) et Saint Quirin de Malmedy de l’église Notre-Dame à Gerdingen (fig. 4.2) et, in situ, sur quatre autres sculptures : un apôtre de l’église Saintes-Herlinde-et-Relinde à Elli kom 4 , le Saint Antoine abbé de l’église Saint-Lambert à Neeroeteren (fig. 6.35), le Christ en croix de l’église Saint-Martin à Meeuwen (fig. 6.4) et la Vierge au croissant de l’église Saint-Jacques à Liège (fig. 14.1) . La septième polychromie étudiée est celle de la Sainte Anne Trinitaire de l’église Saint-Augustin à Elsloo (fig. 11.3), analysée au Stichting Restauratie Atelier Limburg à Maastricht par Arnold Truyen. Dans les cas du Saint Antoine de Neeroeteren et de l’Apôtre d’Ellikom, la polychromie était quasi inexistante, puisque ces œuvres ont été décapées jusqu’au bois. L’analyse n’a dans ce cas pu être effectuée que sur quelques restes de matière trouvés dans des endroits peu accessibles, comme de petits îlots logés dans des creux ayant résisté aux agressions du décapant. Deux autres statues, le Saint Quirin de Gerdingen et la Sainte Anne Trinitaire d’Elsloo, conservaient par contre trop de polychromies, l’original étant masqué par de nombreux surpeints. La recherche des techniques d’exécution n’a donc pas été aisée et l’interprétation des résultats d’analyses comprend dans ce cas de nom- breuses hypothèses. La collaboration interdisciplinaire est, spécialement dans ces cas complexes, d’une importance primordiale. Nos collègues de l’atelier de restauration étudient la polychromie d’un point de vue macroscopique, ce qui permet une sélection pertinente des endroits de prélèvement. Leur étude contribue à la compréhension de la stratigraphie d’un microéchantillon et par conséquent rend les résultats d’analyse plus représentatifs. Deux autres polychromies, celles des Christ de Meeuwen et d’Ellikom, se limitent essentiel- lement à la carnation, la couronne d’épines et le périzonium, limitation qu’im- pose le thème iconographique lui-même. La polychromie originale la plus inté- ressante, puisque la mieux préservée, est celle de la Vierge au croissant de l’église Saint-Jacques à Liège. Son aspect actuel est proche de l’original, avec sans doute les inévitables marques du temps, dégradations chromatiques, petits ajouts ou pertes de matériaux. Malgré ce faible nombre de sculptures analysé, les résultats, une fois replacés dans leur contexte historique de la fin du Moyen Âge, permettent de mettre en exergue quelques différences entre les matériaux et les techniques utilisés par les polychromeurs des statues du groupe d’Elsloo et par ceux des Pays-Bas méridionaux. L’IRPA dispose de plusieurs méthodes analytiques pour identifier des maté- riaux : microscopie optique (MO), microscopie électronique à balayage liée au détecteur de rayons X à dispersion d’énergie (SEM-EDX), microspectroscopie
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