A Masterly Hand / Scientia Artis 9
141 Michel Lefftz 6 140 relativement simple, le second est déhanché et l’étoffe de ses vêtements se voit animée d’un grand nombre de plis produisant une vibration modulée et conti- nue qui couvre toute la surface de l’œuvre. D’autres différences importantes caractérisent ces œuvres qu’il convient de placer respectivement dans la pre- mière et dans la deuxième période. On relèvera principalement le traitement de certaines parties de l’anatomie, comme la forme des yeux et des arcades sus-orbitaires. À Bree, les yeux sont rapprochés et globuleux, tandis que les grandes paupières supérieures forment des sortes de coquilles couturées confé- rant au regard un caractère perçant, alors qu’à Rheindahlen, les yeux sont grand ouverts et le globe oculaire à peine bombé. Quant aux arcades sus- orbitaires, dans le premier cas l’inclinaison de leur plan se réduit progressive- ment vers les tempes, là où les arcades sourcilières s’incurvent fortement, alors que dans le second cas, ce plan reste proche de l’horizontale, comme la ligne des arcades sourcilières. Bien que très dégradée, il semble que la chevelure du Saint apôtre de Bree soit traitée plus en masse alors que celle du Saint Antoine est formée de boucles aux formes variées et animées. La comparaison de ces barbes et cheveux avec ceux du Saint Antoine de Neeroeteren (fig. 6.35) révèle déjà amplement l’écart chronologique qui les sépare. Si l’on y ajoute les très longs et étroits plis en pince à bec, la simplification de la composition et des effets, ainsi que le raidissement de la posture et de la gestuelle, on comprendra pourquoi nous proposons d’insérer cette pièce dans la quatrième période. Quant à la haute statue de chevalier de la Walker Art Gallery à Liverpool (fig. 7.1), celle du saint guerrier du Louvre et celle de bourreau du Palais des Beaux-Arts de 6.33 6.34 6.35
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