A Masterly Hand / Scientia Artis 9
Dès lors, il serait peut-être judicieux de placer les Christs de l’église Saint- Sauveur d’Horion-Hozémont (fig. 16.9) et de l’église Saint-Jacques à Liège ( fig. 16.10) avant ceux de Saint-Séverin-en-Condroz et de Liège (Saint-Nicolas). En effet, bien que le périzonium et l’anatomie des corps y soient traités avec plus d’âpreté, les similitudes sont nombreuses, notamment dans les visages, peut-être encore plus proches des œuvres de Maître Arnt. Le Christ de l’église Saint- Gengoul à Vielsalm (fig. 16.11) vient probablement corroborer ces propositions d’attribution et de chronologie relative, car la tête y est similaire à celle de ces deux dernières sculptures, mais le traitement du corps et du périzonium y est plus conforme aux Christs de Saint-Séverin et de Saint-Nicolas à Liège. Les grandes boucles en arcs de cercle outrepassés de la chevelure du Christ de Saint- Jacques à Liège, étrangères à l’art de nos régions, sont à mettre en relation avec de nombreuses œuvres du Bas-Rhin, notamment des figures d’apôtres de l’église de l’Immaculée Conception de Clèves (église des Minorites) ou encore avec les figures du retable du Musée national du Moyen Âge – thermes et hôtel de Cluny à Paris, également attribué à Maître Arnt (inv. CL.3269). La composition du périzonium du Christ de Liège (église Saint-Jacques) comporte étrangement quatre clous et propose une nouvelle version de la composition de base, puisque l’un des pans volants s’échappe beaucoup plus bas, derrière le genou plutôt qu’à la hauteur du bassin. Cette variante a été reprise dans le Christ en croix de l’église Sainte-Marguerite à Bouge, mais cette fois il faut sans doute exclure une attribution à Balthazar, car le traitement des formes y est trop différ ent 13 . Un autre type de périzonium, utilisé par Maître Arnt pour le Christ de Nimègue (Museum Het Valkhof), se rencontre aussi en région mosane. Bien que l’étoffe soit plus fine, il faut remarquer que la conception y est similaire puisque le plissement est structuré de plis en pince à bec et que les rabats permettent d’organiser l’espace. On trouve ce type employé dans les Christs en croix de l’église Saint-Rémi de Mont-Gauthier et dans celui de l’église Saint-Mort à Huy, ce dernier ayant conservé l’un des pans du drapé vol ant 14 . S i l’anatomie de ces Christs présente des analogies avec ceux de Maître Balthazar, il est cependant prématuré de tenter de les lui attribuer, car on ne peut pas encore décider si ces différences résultent des transformations du style du maître ou d’une autre main. Un grand corps fragmentaire de Christ en croix provenant de Tamines, actuel- lement au Musée provincial des Arts anciens du Namurois (fig. 16.12), offre de nombreuses similitudes avec les Christs de Saint-Séverin-en-Condroz et de Liège, notamment la forme particulière des genoux et le traitement du périzonium. Cependant, les proportions du haut du corps diffèrent légèrement, car l’abdomen est un peu plus large, mais surtout il rentre moins sous les côtes à Namur. Quant au thorax, il est aussi plus large et plus arrondi, la jonction entre le thorax et l’abdomen correspond d’ailleurs à un type différent. Enfin, le contour de l’ombilic est suggéré par deux incisions parallèles en arc de cercle à Namur, alors que dans les œuvres de référence, il est représenté par un cercle complet. Un autre grand Christ en croix endommagé, très empâté par des couches de peinture et mal abrité par une chapelle de la rue Janson à Andenne (fig. 16.13), 16.13 16.14 Fig. 16.13 Maître Balthazar, Christ, chêne, vers 1530-1540, Andenne, chapelle rue Janson Fig. 16.14 Maître Balthazar, Pietà, chêne, vers 1530-1540, Floreffe, chapelle Notre-Dame des Affligés
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