A Masterly Hand / Scientia Artis 9
143 Michel Lefftz 6 142 6.37 une accolade, avec de profondes commissures, tandis que le menton creusé d’une fossette est saillant et carré. S’il est impossible d’aborder ici en détail la double centaine d’œuvres rassem- blées dans le groupe d’Elsloo, celles qui ont été analysées devraient servir à une meilleure caractérisation des autres sculptures et ainsi contribuer à déterminer la part que l’on peut attribuer au Maître d’Elsloo et la production que l’on doit plutôt donner à son atelier. Ainsi que nous l’avons déjà précisé, l’importance de cette production implique nécessairement un atelier regroupant plusieurs com- pagnons expérimentés et des ouvriers dédiés à des tâches secondaires. Il est sans doute trop tôt pour pouvoir dresser l’inventaire des différentes mains, mais la classification de la majorité des œuvres dans le tableau ci-après et surtout la liste des caractéristiques générales qui l’accompagne devraient conduire à une lecture plus fine de cette immense et remarquable production. Il va de soi que, dans l’état actuel de la recherche, cette classification n’a rien de définitif et qu’elle doit plutôt être considérée comme un outil de travail destiné à favoriser de nouvelles recherches réalisées au contact direct des œuvres. Il apparaît cependant d’ores et déjà qu’il existe une continuité dans le style, ce qui permet de maintenir l’appellation conventionnelle de «Maître d’Elsloo », même s’il est manifeste que plusieurs mains ont œuvré dans cet atelier. L’analyse des dix Christs en croix a déjà permis d’en déterminer les caractéristiques principales, l’étude d’autres statues a apporté les précisions et les nuances indispensables à une vision d’ensemble des principaux types de figures traitées. Faut-il rappeler que cette continuité ne doit pas nécessairement être imputée à un unique maître principal, dirigeant l’atelier, mais qu’elle peut tout aussi bien être le résultat de plusieurs générations d’artistes se succédant l’une à l’autre. Cela expliquerait sans doute les mutations stylistiques les plus importantes, surtout celles relatives à la transformation du type de visage entre la première et la deuxième période, mais aussi la diversité des types physionomiques de la quatrième période. Le passage entre la deuxième et la troisième période semble quant à lui nécessairement lié à une seule personnalité, car il reflète une évolution plutôt qu’une mutation.
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