A Masterly Hand / Scientia Artis 9

133 Michel Lefftz 6 132 rapide à exécuter, est donc moins coûteuse ; on la retrouve notamment dans les nombreuses œuvres de Neeroeteren. L’analyse des chevelures de ces quatre Saints Jean a montré l’adaptation progressive d’un motif traditionnel (Eksel), puis sa personnalisation sophisti- quée (Ellikom), s’orientant ensuite vers une simplification de la mise en œuvre et une conception plus dense et plus puissante des volumes plastiques (Beek), avant de revenir à une formule plus simple, fort proche de celle des débuts ( Gangelt, fig. 6.17d). Pour la commodité des analyses, on considèrera que ces quatre moments mis en évidence par l’analyse des Christs et des Saints Jean de calvaires constituent quatre périodes. Si celles-ci ne sont ni totalement ­ distinctes, ni totalement successives, notamment parce que certaines caracté- ristiques stylistiques se retrouvent dans plusieurs périodes, on s’efforcera néan- moins d’y insérer les œuvres du groupe d’Elsloo afin de les regrouper de manière cohérente. Les Vierges des Calvaires d’Ellikom (fig. 6.18) et de Beek (fig. 6.19), dont la posture est pourtant semblable, confirment pleinement l’évolution générale proposée pour les Christs en croix. En témoigne notamment la simplification de la composition du drapé par la réduction des effets locaux d’animation de l’étoffe au profit d’une conception d’ensemble plus claire, plus puissante et plus lisible. Avec la Vierge de Beek, l’artiste met donc l’accent sur les effets de masses pourtant obtenus avant tout par un travail minimisé de la mise en œuvre maté- rielle. Si l’étoffe présente désormais moins d’animations locales et de vibrato, c’est au profit d’une plus grande monumentalité et d’une puissance expressive 6.18 6.19 6.20 Fig. 6.18 Vierge, Ellikom, église Saintes-Herlinde-et-­ Relinde Fig. 6.19 Vierge, Beek, église Saint-Martin Fig. 6.20 Vierge, Gangelt, église Saint-Nicolas

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