Ponsart, Jean Nicolas François   [1827 - 1843]   ¨              Malmedy

(Malmedy, 1788 - Malmedy, 1870)

Peintre de paysage et lithographe. Après un début de carrière commerciale, Ponsart préféra étudier la peinture plutôt que de travailler dans la tannerie de son père. C'est après son mariage en 1817 qu'il se rendit à Düsseldorf où il reçut une première formation de peintre. Il réalise ensuite des décors de théâtre à Aix-la-Chapelle. Selon son biographe Jules Helbig, c'est une après son retour qu'il s'initie à la lithographie. Mais ne pourrait-on lui attribuer la lithographie représentant un chameau à une bosse vide conservée dans le fond Gossart (inv. E1424) ? Une mention du pharmacien Gossart signale "Lithographie à la plume à Dusseldorf". Dans l'état actuel des recherches, Ponsart est le seul lithographe belge ayant séjourné dans cette ville.

Le premier travail mentionné dans la presse est réalisé en collaboration avec Madou et édité par Joseph-Ambroise Jobard :

Ouvrages nouveaux, lithographies, etc. [...] Voyage pittoresque dans les provinces du Bas-Rhin.

Ouvrage publié par souscription, exécuté d’après les dessins de J. N. Ponsard. L’impression de cet ouvrage, dont le premier cahier vient de paraître est confié aux presses lithographiques de M. Jobard jeune, à qui l’art est déjà redevable de plusieurs belles productions que les connaisseurs ont appréciées. Celle-ci est de nature à faire sensation. Le dessinateur, M.J.H. [sic] Ponsard y a fait preuve d’un talent très-distingué, et les grandes dimensions qu’il a données à ses dessins ne contribueront par moins à la faire rechercher, que leur perfection. L’architecture, ou les paysages, reçoivent de son crayon, et de l’art avec lequel il sait coordonner les divers aspects qu’il reproduit, un effet vraiment magique. Nous ne craignons pas de prédire un grand succès, à un recueil qui s’élève déjà à toute la hauteur des bons ouvrages de la lithographie, et s’il est continué avec le même soin, comme on doit le croire, il ne sera point inférieur à ce que l’on a produit de plus beau jusqu’à ce jour.

M. Ponsard annonce que M. Madou s’est chargé de donner ses soins aux figures destinées à animer ses paysages : il ne pouvait s’associer un collaborateur plus agréable au public (Le Courrier des Pays-Bas, 19 janvier 1827).

En 1828, il réalise avec Jean-Baptiste Madou (qui dessine les personnages) une grande planche représentant la Fête donnée à la société d'harmonie d'Anvers, le 22 juin 1828. L'année suivante, il dessine les 24 lithographies [14,5x21 ; marges 24 x31,5] des Vues Pittoresques de la Nouvelle Route de Liége à Aix-la-Chapelle et Spa par Chaudfontaine. Imprimeur lithographe : Dewasme ; Éditeur : Collardin à Liège, 1829.

En 1830, il dédie au Prince royal de Prusse les planches de son Voyage pittoresque dans le Rhin.

En 1831, huit de ses planches sont imprimées et éditées par Godefroy Engelmann à Paris : Souvenirs de l'Eyfel et des bords de l'Ahr. En 1834, Kreuzberg est égalment imprimé par Engelmann[1]. Vers 1835, les frères Thierry[2] impriment Souvenirs de la Prusse Rhénane de Ponsart, dessinés en 1834, et qui comprennent notamment : Trèves, Prusse Rhénane, Manderscheid, Vue générale de la ville de Bonn.

En 1838 paraît La Vallée de l'Ahr dans la Prusse Rhénane, imprimé par Degobert sur chine. Page de titre lithographiée, avec les sources de l'Ahr près de Blankenheim, Auberge à Altenhahr, portrait de l'auteur par Madou et une introduction de deux pages par André Van Hasselt. 24 vues et une carte topographique du bassin de l'Ahr et des costumes régionaux en usage.

Edité en 1838 par Muquart. Vers 1840, L'ancien château de Trooz près de Chaudfontaine (Librairie Michel Grommen, Liège, Cat. vente, 29 mai 1999, n° 296). Stavelot avec l'ancienne église abbatiale, s. d., imprimé par Simonau et Toovey (ibid, n° 329). Simonau & Toovey impriment aussi Marché de Stavelot, Ville de Malmedy, Marché de Malmedy.

Son dernier album est Itinéraire pittoresque du chemin de fer de Liége à Aix-la-Chapelle, par la vallée de la Vesdre, 11 vues et une carte, imprimées par la lithographie royale de Pierre Degobert, édité par Berthot et quelques années plus tard de nouveau mis en vente par Gérard. Vues du tunnel de Pepinster, du viaduc de la Gueule, du pont du Val Benoît...

Après un second voyage à Dusseldorf en 1842 où il travaille auprès du paysagiste Posé[3]. il termine sa vie à Malmedy comme professeur à l'école supérieure.

Sa lithographie Aspect d'une fabrique entre Verviers et Limbourg est éditée par l'Imprimerie lithographique de la Cour, s.d.

Bibliographie : Helbig, Jules, Ponsart (Jean-Nicolas-François) dans Biographie nationale, XVIII, 1905, col. 819 ; Bosmant, Jules, La peinture et la sculpture au Pays de Liège de 1793 à nos jours, Mawet, Liège 1930, p. 63 ; Bautier, p. 493 ; Van der Marck, p. 103-107, 239 ; Liège, Reflets d'un passé millénaire, cat. exp., Liège, 1980, p. 171, n° 301 ; Librairie Michel Lhomme, Liège, Cat. de vente publique, 27 novembre 1999, n° 520 ; Valcke Sibylle, Ponsart Jean-Nicolas-François dans DPB, t. 2, p. 819.



[1] Engelmann est toujours actif en 1834. Il participe à l'Exposition des produits de l'industrie. L'Artiste (1ère année, 1833-1834, p. 314), reproduit une lettre envoyée de Paris le 6 mai 1834 et signée des initiales A. J. : Engelmann a mis en montre toutes ses plus précieuses lithographies, et Dieu sait leur nombre. Mais ce qu'il a exposé de plus beau, de plus fini, de plus hardiment touché, c'est votre Hôtel-de-Ville de Bruxelles. Faites l'acquisition de cette lithographie, si vous voulez posséder un chef-d'œuvre dan ce genre.

[2] Les imprimeurs lithographes parisiens Thierry deviennent, en 1834 ou 1835, les successeurs d'Engelmann, avec qui ils ont un lien de parenté, comme l'indique un entrefilet relatant des déboires suite à la publication d'une lithographie représentant le roi de Rome entouré de personnalités : Le Sieur Thierry, négociant, beau frère du sieur Engelmann, graveur-lithographe, les sieur Delaunoy, peintre, marchand de gravures, et son épouse ont ensuite comparu sur le banc des accusés, comme prévenus de la publication d’une gravure lithographiée, ayant pour titre : petit jeu de société (Journal de la Belgique, 17 mai 1819).

[3] Eduard Wilhelm Posé (Düsseldorf, 1812 - Francfort, 1878) ou son père, Ludwig, né à Berlin en 1786 ? ou son oncle Friedrich Wilhelm (né à Berlin en 1793) ?