Balat inhoudstafel Dictionnaire des peintres belges

Biographie d'artiste


VAN DORNICKE, Jan

MERTENS (MARTENE) Janne, dit
Actif à Anvers, première moitié du XVIe siècle

Peintre de sujets religieux, identifié au peintre anonyme dit le Maître de 1518, dit aussi le Maître de l'Abbaye de Dielegem, maniériste anversois actif entre 1500 et 1550. Son nom de convention lui avait été donné en 1915 par M.J. Friedländer d'après le "Retable de Marie" (Lübeck, égl. Sainte-Marie) dont la partie sculptée porte la date de 1518 et des marques de garantie anversoises. En 1966, G. Marlier proposa de l'identifier à Janne Mertens Janssone, ce que confirme un document du 9 février 1512 conservé aux archives de la ville d'Anvers et qui désigne l'artiste comme "Janne Mertens die men heet van Dornicke schildere (...)".Van Dornicke entre en 1505 en qualité d'élève dans l'atelier de J. Gossart et devient maître à la gilde de Saint-Luc d'Anvers en 1509. Il possède dans cette ville une boutique de tableaux et dirige un vaste atelier très productif dans lequel en 1527 son beau-fils, P. Coecke van Aelst, est engagé comme peintre qualifié. La différence de style entre les œuvres exécutées par les deux peintres dans ces mêmes années, en particulier des triptyques, est malaisée à établir. La production très abondante qui est attribuée à Van Dornicke est de qualité variable et plusieurs œuvres destinées à l'exportation, peintes en fait par des collaborateurs ou émules, doivent être écartées de son catalogue critique. Les particularités stylistiques récurrentes du Maître sont l'animation dramatique des scènes mais sans excès, l'attention portée aux gestes des mains, effilées et aux doigts très mobiles, ainsi qu'aux positions extravagantes des personnages et aux expressions caricaturales des visages (type sémite), anguleux, au profil en lame de couteau, souvent présentés en un raccourci maladroit. Une nette évolution se dessine toutefois entre ses premières œuvres, profondément influencées par A. Dürer, et le "Retable de Marie de Lübeck" au style plus maniéré. Ainsi le "Triptyque de Marie-Madeleine" (Bruxelles, M.R.B.A.B., vers 1516), certains volets du "Retable de la Passion du Christ" (Västeräs, cath., vers 1516), la "Visitation" et la "Fuite en Egypte" (Londres, Nat. Gall.) et "Jésus parmi les docteurs" (Anvers, Mus. Mayer van den Bergh) se caractérisent par des compositions monumentales, la massivité corporelle, les volumes synthétiques et le traitement ample des drapés. Dans les volets du "Retable de Lübeck", par contre, les mises en page sont plus riches en détails, les drapés ont un aspect plus décoratif et les personnages, figés dans des poses instables, ont des formes plus élégantes que plastiques ("Les marchands au Temple"). Parmi les autres œuvres qui lui sont attribuées, nous retiendrons encore "Les adieux du Christ à sa mère" (Berlin, Staatl. Mus.), et la "Parenté de sainte Anne" (Munich, A. Pin.).

Rédacteur
Perier - D
Informations complémentaires
Collections, bibliographie,...

Belgian Art Links and Tools, (c) KIK-IRPA, Brussel, 1999-2011
remarques : balat@kikirpa.be