Balat inhoudstafel Dictionnaire des peintres belges

Biographie d'artiste


REDOUTÉ, Pierre-Joseph

Saint-Hubert, 1759 - Paris, 1840
Dessinateur, graveur, peintre botaniste à l'aquarelle et à la gouache. Second fils de Charles-Joseph et le plus célèbre des trois, il fait son apprentissage successivement chez son père, modeste artiste peintre, chez le frère Abraham à l'abbaye d'Orval puis chez le Liégeois J.B. Coclers. A vingt-trois ans, après avoir travaillé durant une dizaine d'années dans les Pays-Bas autrichiens et au sud des Provinces-Unies, il rejoint, à Paris, son frère aîné, Antoine-Ferdinand, qui l'associe à ses travaux de décorateur de théâtre italien. Ses loisirs, il les réserve à dessiner d'après nature les fleurs du Jardin du Roi. Ses dessins rehaussés de lavis lui valent les faveurs d'un célèbre magistrat, Charles-Louis l'Héritier de Brutelle (1746-1800), érudit en botanique et bibliophile, qui encourage ses progrès. Un séjour de Redouté à Londres, d'avril à décembre 1787 en compagnie de son protecteur, lui permet de rencontrer Francesco Bartolozzi (1727-1815), graveur florentin, à l'origine de la gravure coloriée en pointillé. La finesse de cette technique contribuera à la renommée de ses planches. De retour à Paris en 1788, il est engagé par le Néerlandais Gérard van Spaendonck (1746-1822), originaire de Tilburg, pour poursuivre les peintures d'histoire naturelle sur vélin, collection entamée à la gouache sous Louis XIV. Il préfère l'aquarelle pour sa transparence. Dès l'année suivante, il accumule les distinctions officielles de "Dessinateur", successivement du Cabinet de la Reine (Marie-Antoinette), de l'Académie des Sciences (1792) et de la Classe de Physique et de Mathématique, lors de la création de l'Institut par la Convention. La Première République et le Premier Empire français voient, comme réalisations, plusieurs centaines de planches sur vélin et "L'Histoire des plantes grasses" où il emploie pour la première fois la technique de la gravure en pointillé. L'impératrice Joséphine de Beauharnais lui octroie, en 1805, le brevet de peintre officiel de fleurs, outre une plantureuse pension. Deux volumes groupant au total cent vingt aquarelles paraissent de 1803 à 1805. Les planches qui lui valurent sa notoriété sont : "Les Liliacées" (1802-1807), "Les Roses" (1817-1824) et "Choix des plus belles fleurs" (1827). Dans ses planches de roses, il dépasse l'aspect documentaire en leur conférant la suavité d'un portrait où le modelé par le dosage mesuré des ombres et le velouté par les subtils dégradés justifient son surnom de "Raphaël des fleurs". Nommé Maître de dessin au Museum d'histoire naturelle en 1824, il assume jusqu'à sa mort la charge du cours public de dessin de plantes à raison de trente leçons par an. Ses leçons furent très fréquentées, notamment par Adélaïde-Eugénie-Louise d'Orléans, sœur du roi Louis-Philippe Ier, et la fille de ce dernier, Louise-Marie d'Orléans, première reine des Belges en 1832.

Rédacteur
Wodon, Bernard
Informations complémentaires
Collections, bibliographie,...

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