Né le 10 juin 1810 ; mort le 10 juillet
1870. Parfois orthographié Simoneau. Imprimeur lithographe, puis photographe et
photograveur. Fils de Pierre Simonau (voir notice). Il travaille à Londres avec
son père de 1819 à 1828. De retour à Bruxelles, Pierre et Gustave dessinent Description des Monuments de Rhodes, édité par Delpierre en 1828.
Ils réalisent ensuite Choix de vingt-quatre Monuments Gothiques du Royaume des Pays-Bas, avec texte en français et en néerlandais
par Auguste Voisin, conservateur de la bibliothèque de Gand.
Nous avons
vu dernièrement dans les ateliers de Mrs Simoneau, père et fils, imprimeurs
lithographes, rue des Petits-Carmes à Bruxelles, la seconde planche de leur
magnifique ouvrage sur les Monuments Gothiques de la Belgique et des principaux
pays voisins. Elle représente l'Eglise de Sainte-Gudule et surpasse encore en beauté la
première planche, l'Hôtel-de-Ville de Louvain. L'effet surtout en est admirable :
l'artiste a dessiné son monument vers les 10 heures du matin et a répandu sur
la partie supérieure des tours ce ton vaporeux que l'on aime tant de retrouver
dans les productions anglaises. Mr Gustave Simoneau, qui, quoique bien jeune
encore, s'est déjà placé au rang de nos meilleurs lithographes, vient d'être
nomme membre correspondant de la société royale des beaux arts de Gand (Le messager
des Sciences historiques, 1834, p. 395).
La septième planche
venait de paraître quand éclate la révolution belge. La maison des lithographes
est envahie par des soldats de l'armée de Guillaume Ier. Voyant les
mains des deux hommes tachées d'encre, il croient qu'il s'agit de poudre à
fusil, saccagent l'atelier et blessent Pierre et Gustave. Quelques jours plus
tard, la tête encore bandée, Gustave dessine les événements sur le vif et édite le Théâtre des événements
de 1830, qu'il fait diffuser par Sebastiano Avanzo : Défense à l'entrée de la troupe à la porte de Schaerbeek [23
septembre] ; Défense de la porte de
Schaerbeek le 23 septembre au matin ; Attaque de la Place Royale par les troupes hollandaises (lithographie de Lauters, diffusée
par Avanzo & Cie, Rue de la Madeleine) ; Reprise de l'escalier de la Bibliothèque
(rue de l'Evêque) le 25 septembre 1830 ; Vue de la Place des Martyrs, dédiée à la garde civique [ou selon
les exemplaires, dédiée aux défenseurs de
la patrie]. Il réalise ainsi douze lithographies que le public s'arrache. Il
imprime aussi Déroute d'une division
Hollandaise par la porte de Flandre, le 23 septembre 1830 et Combat de la rue de Louvain, derrière les
état généraux ; Pendant les journées des 23 et 24 septembre
1830, lithographie de G.
Simonau d'après un dessin de Madou imprimée par "P. Simonau,
éditeur" ; Bruxelles le 21
juillet 1831. Entrée du Prince de Saxe-Cobourg par la porte de Laeken ;
Bruxelles, le 21 août 1831, Inauguration
du Prince Léopold de Saxe-Cobourg, Roi des Belges.
En 1833, il imprime Portraits des Peintres les plus célèbres, huit portraits in-octavo par Gustave Simonau et Lambert
Vandenwildenberg, édités par Pierre Barella (voir notice Barella, Pierre).
Il collabore à la revue L'Artiste,
publiée sous la direction de l'écrivain Charles Levêque, de 1833-1837. Il
illustre l'ouvrage de Auguste Voisin, Annales de l'École flamande, moderne,
Recueil de morceaux choisis parmi les ouvrages de Peinture, Sculpture,
Architecture et Gravure, exposés aux salons d'Anvers, de Bruxelles, Gand et
Liège ; gravés au trait sur acier par M. Charles Onghena, ou
lithographiées par MM. Madou, Lauters, Fourmois, Vander Haert, G. Simonau,
Baugniet, etc. ; avec des notices descriptives, critiques et biographiques,
Gand, 1836.
La recension en 1835 de l'Exposition des Arts
industriels dans L'Artiste, affirme :
La palme des
lythographes appartient à M. Simonau, sans aucune contestation. Ses planches
indiquent de grands progrès ; il y a de la couleur et de la vérité dans
son crayon. Cet artiste promet d'aller loin s'il continue (L'Artiste, 3e année, 1835, p. 362).
En 1836, il présente une sépia à l'exposition
de l'Institut des Beaux-Arts (L'Artiste, 4e année, 1836, p.
105), et la même année son père édite un de ses dessins :
M. Simonau,
père, vient de publier une vue de la cathédrale de Rheims. Cette planche fait
partie de la collection de monumens du moyen-âge en France, en Belgique, en
Angleterre, en Allemagne et en Italie, dessinée par M. Simonau, fils, avec le
talent supérieur qu'on lui reconnaît. Il est impossible de rendre avec plus de
finesse et en même temps avec plus de fermeté cette immense façade qui est une
véritable broderie de pierre, une véritable dentelle de sculpture, si richement
ornée de chapelles et de saints ; il est difficile de produire plus
d'effet dans l'ensemble avec ces innombrables détails, et de mieux colorer avec
du crayon. Cette planche fait honneur au dessinateur dont elle est l'œuvre (L'Artiste, 4e année, 1836, p. 80).
L'Artiste
insiste sur la
qualité de ses travaux :
Dans un
genre tout spécial, le dessin des monumens du moyen-âge, M. G. Simoneau a déjà
acquis une belle réputation, justifiée par un talent très-distingué. Ses deux
dessins des cathédrales d'Anvers et de Rheims sont extrêmement remarquables,
sous le rapport du dessin comme sous celui de la couleur qu'il a su donner à
son crayon. M. Simoneau, se distingue surtout par une touche à la fois large,
grasse et vigoureuse, dessine avec une facilité merveilleuse et une correction
non moins admirable, qualités qui annoncent un artiste de grand mérite.
Nous aimons
surtout l'art avec lequel il tire parti des oppositions de lumière. Sa
cathédrale de Rheims peut être citée comme un modèle sous ce rapport.
M. G.
Simoneau publie une collection des principaux monumens gothiques de la Belgique
et de la France, et les deux morceaux qu'il a exposés font partie de cette
collection, très-recherchée par les amateurs.
Les planches
de M. G. Simoneau ont été tirées à l'établissement lithographique de son père,
un de nos premiers imprimeurs en ce genre (L'Artiste,
4e année, 1836, p. 374).
Le critique Louis Alvin lui consacre un article
élogieux dans son Compte-rendu du Salon de Bruxelles en 1836. Le
ministère de l’Intérieur lui attribue une médaille d’argent en 1837 (Le
Courrier Belge, 15 janvier 1837). L'année suivante, il expose à Arras Vue
des principaux monuments de la Belgique, de l'Angleterre et de l'Allemagne,
peintes, dessinées et imprimées par lui et obtient la médaille d'argent de
la 2e classe pour la section "lithographies". Au Salon de
Bruxelles en 1839, il présente Les cathédrales de Beauvais, de Strasbourg et
de Metz (la technique n'est pas précisée). Il publie cette année-là Vues
et Monuments d'Audenarde.
Il poursuit ses voyages pour recueillir de la
documentation :
M. Gustave
Simonau, l'habile dessinateur des monuments gothiques, est de retour à
Bruxelles de son voyage de Cologne, où il est allé prendre des croquis de la
magnifique cathédrale de cette ville, telle qu'elle sera après son achèvement.
Le jeune artiste a été très bien accueilli par la société des Beaux-Arts, qui
s'est empressée de l'inscrire au nombre de ses membre effectifs (Le Courrier
belge, 7 septembre 1842).
Il parcourt d'autres pays, la France,
l'Angleterre et l'Italie pour compléter sa collecte d'architectures et
ramène de nombreuses aquarelles, qui aboutiront à la publication d'un superbe
ouvrage dont il est à la fois le dessinateur, le lithographe, l'imprimeur et
l'éditeur, et qui paraît complètement achevé en 1843 sous le titre Principaux
monuments gothiques d'Europe, précédé d'une notice sur l'architecture
ogivale par Simonau lui-même et accompagné d'un texte rédigé par le professeur
Auguste Voisin. Il présente au Salon 1848 six lithographies faisant partie de
l'ouvrage intitulé : 1° Hôtel de Ville de Bruxelles, 2° Hôtel de Ville de Louvain ;
3° La cathédrale d'Yorck [sic] ;
3° La cathédrale de Lincoln ; 5° La cathédrale de Fribourg ; 6° La
cathédrale de Reims.
Ses travaux sont appréciés au Salon de
Bruxelles chaque fois qu'il y expose. Ils lui valent une médaille de vermeil en
1842 et une médaille d'or en 1863. De 1859 à 1870, il expose à la New
Water-Colour Society de Londres et devient membre honoraire de l'Institut
britannique des Aquarellistes. Il est également l'un des membres fondateurs de
la Société royale belge des Aquarellistes, dont il sera trésorier au moment de
sa mort.
Il édite Études
d'animaux dessinés sur pierre d'après nature, 12 planches in-folio à deux
teintes de Verboeckhoven. Il imprime des portraits de Nicolas Legrand.
Pour la suite de la carrière de Gustave Simonau,
voir la notice Simonau & Toovey.
Adresses : Rue Royale Neuve, près de la Porte de
Schaerbeek, 148 <1828-1830> (père et fils) ; Montagne des aveugles,
Section 7, n° 7<1832> ; Rue des Petits-Carmes, 11 <1834-1835>
(père et fils) [Cette adresse signalée par Mauvy,
figure sur des Estampes représentant des scènes de la révolution belge] ;
Rue aux Choux, 68 <1839-1842> ; Rue Villa Hermosa, 14 en <1848
(Dessinateur)> ; 1849-1870 : voir Simonau et Toovey. Domicile (où
maison mortuaire) Rue de la Pompe, 3 <1870>.
Annuaires : Mauvy,
1834; Mauvy ; 1835 ; Tarlier, 1851.
Bibliographie : Alvin,
Louis, Compte-rendu du Salon d'exposition de Bruxelles, 1836, Bruxelles,
1836, p. 424-425. Bautier,
Pierre, Simonau (Gustave) dans Biographie
nationale, t. XXII, 1914-1920, col. 565-567 ; Hymans, Lithographie,
p. 431, 437, 439, 449-450 ; Bautier,
p. 555 ; Dominique, La lithographie en Belgique de ses débuts à la révolution de 1830
dans La Gazette, 21 et 22 octobre 1935 ; Van
der Marck, 131-133 et passim ; Oukhow,
Catherine, Les journées de septembre, cat. exp., Bruxelles, Bibliothèque royale
Albert Ier, 1980, cat. 44, 46, 53 ; Les Salons retrouvés, t. II, p. 163 ; Valcke, Sibylle, Simonau
Gustave dans DPB, t. 2, p.
902 ; D’Hainaut-Zveny,
Brigitte (dir.), La place des Martyrs, Bruxelles, CFC Editions, 1994, p. 129 ; Directory, p. 353.
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Collection : Bruxelles, KBR, Estampes.