Peintre de paysage et lithographe. Après un
début de carrière commerciale, Ponsart préféra étudier la peinture plutôt que
de travailler dans la tannerie de son père. C'est après son mariage en 1817
qu'il se rendit à Düsseldorf où il reçut une première formation de peintre. Il
réalise ensuite des décors de théâtre à Aix-la-Chapelle. Selon son biographe
Jules Helbig, c'est une après son retour qu'il s'initie à la lithographie. Mais
ne pourrait-on lui attribuer la lithographie représentant un chameau à une
bosse vide conservée dans le fond Gossart (inv. E1424) ? Une mention du
pharmacien Gossart signale "Lithographie à la plume à Dusseldorf".
Dans l'état actuel des recherches, Ponsart est le seul lithographe belge ayant
séjourné dans cette ville.
Le premier travail mentionné dans la presse est
réalisé en collaboration avec Madou et édité par Joseph-Ambroise Jobard :
Ouvrages
nouveaux, lithographies, etc. [...] Voyage pittoresque
dans les provinces du Bas-Rhin.
Ouvrage
publié par souscription, exécuté d’après les dessins de J. N. Ponsard.
L’impression de cet ouvrage, dont le premier cahier vient de paraître est
confié aux presses lithographiques de M. Jobard jeune, à qui l’art est déjà
redevable de plusieurs belles productions que les connaisseurs ont appréciées.
Celle-ci est de nature à faire sensation. Le dessinateur, M.J.H. [sic] Ponsard y a
fait preuve d’un talent très-distingué, et les grandes dimensions qu’il a
données à ses dessins ne contribueront par moins à la faire rechercher, que
leur perfection. L’architecture, ou les paysages, reçoivent de son crayon, et
de l’art avec lequel il sait coordonner les divers aspects qu’il reproduit, un
effet vraiment magique. Nous ne craignons pas de prédire un grand succès, à un
recueil qui s’élève déjà à toute la hauteur des bons ouvrages de la
lithographie, et s’il est continué avec le même soin, comme on doit le croire,
il ne sera point inférieur à ce que l’on a produit de plus beau jusqu’à ce
jour.
M. Ponsard
annonce que M. Madou s’est chargé de donner ses soins aux figures destinées à
animer ses paysages : il ne pouvait s’associer un collaborateur plus agréable
au public (Le Courrier
des Pays-Bas, 19 janvier 1827).
En 1828, il réalise avec Jean-Baptiste Madou
(qui dessine les personnages) une grande planche représentant la Fête donnée
à la société d'harmonie d'Anvers, le 22 juin 1828. L'année suivante, il
dessine les 24 lithographies [14,5x21 ; marges 24 x31,5] des Vues Pittoresques de la Nouvelle Route de
Liége à Aix-la-Chapelle et Spa par Chaudfontaine. Imprimeur
lithographe : Dewasme ; Éditeur : Collardin à Liège, 1829.
En 1830, il dédie au Prince royal de Prusse les
planches de son Voyage pittoresque dans le Rhin.
En 1831, huit de ses planches sont imprimées et
éditées par Godefroy Engelmann à Paris : Souvenirs de l'Eyfel et des bords
de l'Ahr. En 1834, Kreuzberg est égalment imprimé par Engelmann[1].
Vers 1835, les frères Thierry[2]
impriment Souvenirs de la Prusse Rhénane
de Ponsart, dessinés en 1834, et qui comprennent notamment : Trèves, Prusse
Rhénane, Manderscheid, Vue générale de la ville de Bonn.
En 1838 paraît La Vallée de l'Ahr dans la
Prusse Rhénane, imprimé par Degobert sur chine. Page de titre
lithographiée, avec les sources de l'Ahr près de Blankenheim, Auberge à
Altenhahr, portrait de l'auteur par Madou et une introduction de deux pages par
André Van Hasselt. 24 vues et une carte topographique du bassin de l'Ahr et des
costumes régionaux en usage.
Edité en
1838 par Muquart. Vers 1840, L'ancien
château de Trooz près de Chaudfontaine (Librairie Michel Grommen,
Liège, Cat. vente, 29 mai 1999, n° 296). Stavelot
avec l'ancienne église abbatiale, s. d., imprimé par Simonau et Toovey (ibid, n° 329). Simonau & Toovey
impriment aussi Marché de Stavelot, Ville de Malmedy, Marché
de Malmedy.
Son dernier
album est Itinéraire pittoresque du
chemin de fer de Liége à Aix-la-Chapelle, par la vallée de la Vesdre, 11
vues et une carte, imprimées par la lithographie royale de Pierre Degobert,
édité par Berthot et quelques années plus tard de nouveau mis en vente par
Gérard. Vues du tunnel de Pepinster, du viaduc de la Gueule, du pont du Val
Benoît...
Après un second voyage à Dusseldorf en 1842 où
il travaille auprès du paysagiste Posé[3].
il termine sa vie à Malmedy comme professeur à l'école supérieure.
Sa lithographie Aspect d'une fabrique entre Verviers et Limbourg est éditée par l'Imprimerie
lithographique de la Cour, s.d.
Bibliographie : Helbig,
Jules, Ponsart (Jean-Nicolas-François) dans
Biographie nationale, XVIII, 1905,
col. 819 ; Bosmant, Jules, La
peinture et la sculpture au Pays de Liège de 1793 à nos jours, Mawet, Liège
1930, p. 63 ; Bautier, p.
493 ; Van der Marck, p.
103-107, 239 ; Liège, Reflets
d'un passé millénaire, cat. exp., Liège, 1980, p. 171, n° 301 ; Librairie Michel Lhomme, Liège, Cat. de vente publique, 27
novembre 1999, n° 520 ; Valcke
Sibylle, Ponsart Jean-Nicolas-François
dans DPB, t. 2, p. 819.
[1] Engelmann est toujours actif en 1834. Il participe à l'Exposition des produits de l'industrie. L'Artiste (1ère année, 1833-1834, p. 314), reproduit une lettre envoyée de Paris le 6 mai 1834 et signée des initiales A. J. : Engelmann a mis en montre toutes ses plus précieuses lithographies, et Dieu sait leur nombre. Mais ce qu'il a exposé de plus beau, de plus fini, de plus hardiment touché, c'est votre Hôtel-de-Ville de Bruxelles. Faites l'acquisition de cette lithographie, si vous voulez posséder un chef-d'œuvre dan ce genre.
[2] Les imprimeurs lithographes parisiens Thierry deviennent, en 1834 ou 1835, les successeurs d'Engelmann, avec qui ils ont un lien de parenté, comme l'indique un entrefilet relatant des déboires suite à la publication d'une lithographie représentant le roi de Rome entouré de personnalités : Le Sieur Thierry, négociant, beau frère du sieur Engelmann, graveur-lithographe, les sieur Delaunoy, peintre, marchand de gravures, et son épouse ont ensuite comparu sur le banc des accusés, comme prévenus de la publication d’une gravure lithographiée, ayant pour titre : petit jeu de société (Journal de la Belgique, 17 mai 1819).
[3] Eduard Wilhelm Posé (Düsseldorf, 1812 - Francfort, 1878) ou son père, Ludwig, né à Berlin en 1786 ? ou son oncle Friedrich Wilhelm (né à Berlin en 1793) ?