Kierdorff, Franciscus   [1821 - 1828]   ¨               Gand puis La Haye

(Trèves [Prusse], 1777 - La Haye [NL], 1855).

Franciscus Matheus Jozef. Mort le 9 février 1855. Lithographe et cartographe. Pionnier de la lithographie à Gand, Kierdorff y fonde son premier atelier lithographique. Le Bénézit le dit élève et ami de Senefelder, sans préciser de prénom, reprenant sans doute Waller qui le dit élève et ami de J.N.F.A. [=Aloïs] Senefelder. Jobard affirme que c'est chez lui que Kierdorff a fait ses premières armes, mais nous n'avons trouvé aucune preuve de cette assertion.

Selon Waller, il et actif à Paris en 1802-1803, à Naples en 1813-1814, à Gand de 1822 à 1830, à Leyde de 1830 à 1832, à La Haye de 1839 à sa mort.

Selon Van der Marck (p. 67), il s'installe à Gand en 1821, d'abord pour exécuter des travaux de type commercial. En 1822, il se tourne vers des travaux plus artistiques et fait travailler Eugène Verboeckhoven : Kierdorff et Weissenbruch impriment 2 cartes et 4 vues in-8° (les premières planches lithographiques de Verboeckhoven d'après De Noter) pour l'ouvrage de J. A. Boymans, Le Garde d'Honneur ou Episode du Règne de Napoléon Buonaparte (Van der Marck, p. 69 et 251).

En 1822, il lithographie un dessin de Joseph Van den Abeele, publié dans Jubel-feest van het vyf-honderste-jaer der instellinge van het lofbaer broederschap van Onze Lieve Vrouwe, op den Blandinus Berg […], in-8° (Vanderhaeghen, p. 41).

Il imprime les lithographies pour De Bast, Liévin, Projet d'un palais pour la Société royale des Beaux-Arts et de littérature de Gand, qui remporta le grand prix d'architecture au concours de 1820, de l'académie royale de ladite ville, Composé par T.F. Suis, Architecte : dédié à M. Charles Van Hulthem, par l'éditeur des Annales du Salon de Gand, Gand, P.F. de Goesin-Verhaghe, 1821. Il imprime également celles de Annales du Salon de Gand, par Liévin de Bast, éd. Goesin-Verhaghe, 1823, florilège des œuvres publiées au Salon de Gand en 1820.

Il exécute une planche pour Réceuil [sic] portatif, ou extrait succinct des articles de la loi, fixant amendes ou confiscations concernant les Distilleries, les Brasseries, la Mouture, l'Abattage, les Vins, le Sel et le Sucre […], in-8°, ainsi qu’une planche géométrique pour Dissertatio math. Inaug. De pressione fulcrorum corporis, in plano horizontali incombentis… defendet P. Verraert, ex Sassa Gandensi, 1823.

Dès la première livraison, en mai 1823, Kierdorff imprime des planches pour Le Messager des sciences et des arts, Recueil publié par la Société royale des Beaux-Arts et des Lettres, et par celle d’agriculture et de botanique de Gand. Il imprime notamment des lithographies de Verboeckhoven. En 1824, il imprime Primula Serulosa (planche 3, face à la page 152), Maison de Hubert Van Eyck à Gand (planche 7, face à la page 219), ainsi que des lithographies de J. Rommel. Il imprime des lithographies du même en 1825, ainsi que celles de P.A. Everaerts.

La presse bruxelloise commente en 1824 un de ses travaux :

Le Messager des Sciences et des Arts porte le cachet du talent et des connaissances nombreuses et approfondies des membres de la société royale des beaux-arts et des lettres, et par celle d’agriculture et de botanique de Gand. [...] Tout ce qui tient de la botanique est d’un grand intérêt, notamment à la description du Borassus flabelliformis, lithographié avec succès par M. Kierdorff à Gand [...] (Journal de Bruxelles, 21 juin1824).

On lui doit trois lithographies qui illustrent: Den ontwerpmaeker van Oost-Vlaenderen, ofte kasteelen in Spagnien, Gand, 1824[1], dont le portrait équestre de Kiekepoost en frontispice, deux lithographies illustrant Eyckii imortali genio, in-8°, 1824 (Vanderhaeghen, p. 30).

En 1825, il imprime l'album Animaux Remarquables de la Ménagerie, dont les illustrations sont réalisées par Verboeckhoven. La même année, il imprime des lithographies de la Promenade aux Alpes du tournaisien C.A. Snoeck.

Planche pour Belgische Muzen-Almanak 1826. Eerste Jaargang (Vanderhaeghen, p. 106).

Plan de Gand lithographié pour le livre Voisin, A., Guide des voyageurs dans la ville de Gand, ou notice historique sur cette ville, ses monuuments et ses hommes célèbres, in-12° (Vanderhaeghen, p. 145).

Frontispice représentant le buste d'Auger Busbec, d'après P.I. Rommel, pour Nieuwsjaarswensch aan … maatschappij van Rhetorika te Gend. Aan hen opgefr. Door … Bode P. Van Kampen (Vanderhaeghen, p. 318).

Selon Waller, il est employé du Bureau topographique des Pays-Bas de 1828 à 1853, de même que ses deux fils et élèves : Jean-Mathieu (Paris, 29 mai 1803 – La Haye, 18 avril 1882) et Louis-Gustave (Naples, 2 avril 1814 – La Haye, 3 avril 1888)[2]. Il fonde en 1839, toujours selon Waller, un second établissement, à La Haye, où il travaille avec ses deux fils.

Adresse : Gewezen klooster der Predikheeren.

Annuaire : Provinciale almanak van Oost-Vlaanderen, 1830.

Bibliographie : Vanderhaeghen, Ferd., Bibliographie gantoise, recherches sur la vie et les travaux des imprimeurs de Gand, Gand, impr. de Eug. Vanderhaegen, t. V, 1865, p. 30 ; 41, 77, 106 ; 112, 145 ; t. VI, supplément, p. 318 ; Jobard, Rapport, t. 2, p. 277 ; Hymans, p. 423 ; Liebrecht, p. 35 ; Dominique, La lithographie en Belgique. Ses débuts dans La Gazette, 15 octobre 1935 ("Kierdorfs") ; Waller, p. 174 ; Van der Marck, p. 67-69, 72 ; Bénézit, t. 6, p. 211.



[1] Messager des Sciences historiques ou archives des arts et de la bibliographie de la Belgique, 1896, p. 137, qui reprend Vanderhaeghen, p. 77).

[2] Louis-Gustave aura un fils lithographe, également prénommé Louis-Gustave, né à La Haye le 30 novembre 1846 et actif dans cette ville.