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Biographie d'artiste

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WIERTZ, Antoine

Dinant, 1806 - Ixelles (Bruxelles), 1865
Peintre de sujets littéraires, religieux, mythologiques, historiques et anecdotiques, ainsi que de portraits; également sculpteur, dessinateur et écrivain. Issu d'un milieu modeste il manifeste, dès son très jeune âge, d'étonnantes dispositions pour le dessin, la gravure et le modelage. Recevant à partir de 1820 une bourse d'études, il entre à l'académie des beaux-arts d'Anvers où il suit les cours de M. Van Brée et de G.J. Herreyns qui dirigent pendant des années ses aspirations vers l'idéal de la grande peinture, expressive et monumentale. En 1828 Wiertz se présente une première fois au concours de Rome et, ayant obtenu le deuxième prix, séjourne de novembre 1829 à mai 1832 à Paris pour y étudier, principalement au Louvre, les grands exemples du passé. Il exalte Rubens au détriment de Raphaël et préfère, parmi les contemporains, Géricault à Girodet, tout en prenant ses distances avec le classicisme en déclin. De retour à Anvers, il obtient en septembre 1832 le prix de Rome qui lui permettra, à ses dires, de "se livrer à ses ardentes aspirations". Ayant passé l'hiver 1833/1834 à Paris, il descend sur Rome où il séjournera de mai 1834 à février 1837. Il travaille d'abord à l'académie de France, saisit de ravissantes "Scènes au carnaval de Rome", exécute de nombreuses études d'après nature. Installé à partir de mai 1835 dans un spacieux atelier à la via dell'Olmo, il entame et exécute sa grande composition "Les Grecs et les Troyens se disputant le corps de Patrocle" (Liège, M.A.W.). Exposée en avril 1836 devant un public d'artistes et de savants, elle suscite l'admiration d'un Bertel Thorwaldsen et lui vaudra une nomination de membre de l'Academia di San Luca. Ayant expédié sa grande toile à Anvers, Wiertz rentre à Liège en mai 1837 après avoir visité Naples, Paestum, Florence, Venise, l'Autriche et la Bavière. Exposé à Anvers, son "Patrocle" obtient un énorme succès et établit sa renommée à Bruxelles. Mais présenté au salon de Paris en 1839, il y recueille plus de railleries que d'éloges. Cet échec marque l'artiste irréparablement. Dorénavant il voue à la France et à Paris une haine démesurée et son art s'oriente de plus en plus vers le grandiloquent. L'original du "Patrocle" ayant constitué le lot d'une tombola, Wiertz en exécute une réplique en 1845. La même année, il quitte Liège pour s'établir à Bruxelles. Dans un grand atelier aménagé dans une usine désaffectée, rue du Renard, il peint notamment son "Triomphe du Christ", sa "Belle Rosine", et une première toile à thème social, "L'enfant brûlé". Wiertz qui ne vend pas ses créations, "tableaux pour la gloire", vit pauvrement de l'exécution de "portraits pour la soupe". En 1850 il propose à l'Etat belge de faire don de tous ses tableaux (de grandes dimensions) à condition que ce dernier consente à financer la construction d'un atelier qui deviendra après sa mort musée. La proposition est acceptée. Wiertz habitera et œuvrera dès 1851 dans le futur Musée Wiertz, où, de nos jours encore, sont conservés la plupart des tableaux cités. Il y peint encore plusieurs tableaux d'inspiration philosophique ou anecdotique tels, en 1853, "Faim, folie et crime" et "La liseuse de romans", en 1854, "L'inhumation précipitée" et "Le suicide", en 1857, "La jeune sorcière", ou encore, en 1864, "Le bouton de rose". Il s'y consacre aussi à l'élaboration d'un nouveau procédé, sa "peinture mate", qui se révélera par la suite désastreuse pour la survie des moyens et grands formats auxquels l'artiste l'avait appliquée. Parmi ces peintures mates peuvent être cités : le triptyque "Pensées et visions d'une tête coupée" de 1853, "Le phare de Golgotha" de 1859, "Un grand de la terre" de 1860 ou encore le diptyque "Les partis jugés par le Christ" de 1865.Peintre moralisant, mais s'inspirant d'idées plutôt sommaires, c'est à tort qu'on l'avait appelé le "philosophe aux pinceaux". Il n'a pas échappé aux écueils de la mégalomanie et de l'idée fixe et, convaincu qu'"en matière de peinture la critique [n'est pas] possible", il s'est égaré là où son considérable talent aurait pu le conduire à une savoureuse peinture d'observation.

Rédacteur
Moerman, André
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Belgian Art Links and Tools, le 8/02/2010
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