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Biographie d'artiste

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COXCIE, Michiel

(COXIE, COXCIEN, DE COXCIEN, DE COXCIE, COXIUS, VAN COXCIE)
Malines, vers 1499 - 1592

Peintre et dessinateur. Outre des portraits et des scènes religieuses, M. Coxcie réalisa des cartons de vitraux et de tapisseries, où prévalent généralement les tendances italianisantes. Selon G. Vasari (1532), qui le connut personnellement, cette inspiration provient pour beaucoup des années que Coxcie passa à Rome, où il fut en contact avec l'œuvre de Raphaël. Auparavant, il suivit sans doute une première formation auprès de B. van Orley, mais aucune œuvre antérieure à son voyage à Rome n'a été conservée; on ignore aussi la date exacte de son départ. En 1531, le cardinal Willem van Enckevoort, originaire des Pays-Bas du Nord, fit appel à lui pour un travail de décoration, une commande tout à fait inhabituelle pour un peintre flamand. La chapelle Sainte-Barbe de l'église Santa Maria dell'Anima devait en effet être recouverte de fresques. Le travail exigea plusieurs années et fut couronné en 1534 par l'Accademia di San Lucca, dont Coxcie devint dès lors un des membres. Cela lui valut sans aucun doute de jouir d'une certaine considération parmi les Italiens. On lui demanda même d'exécuter encore des peintures murales pour ladite église de Santa Maria dell'Anima, ainsi que pour le vieux Saint-Pierre.Il semble que Coxcie soit retourné dans son pays en 1539 exactement. Le 11 novembre de cette année, il se fit inscrire dans la gilde des peintres de sa ville natale, avant d'obtenir le droit de bourgeoisie à Bruxelles quatre ans plus tard. Trois enfants naquirent d'un premier mariage avec Ida van Hasselt, Raphaël, Willem - qui devinrent tous les deux peintres - et Anna, qui fut sculpteur. A la mort d'Ida, en mai 1569, Coxcie épousa en secondes noces Jeanne van Schelle, deux mois plus tard. Elle lui donna à son tour une fille et deux fils, Michiel - peintre également - et Conrad.Même si l'œuvre de Coxcie est aujourd'hui moins appréciée, en raison de son caractère plutôt académique qui la rattache à l'école flamande des romanistes, elle connut un étonnant succès auprès des contemporains. En 1545, Coxcie exécuta notamment le "Portrait de Christine de Danemark" (Oberlin, Ohio, The Allen Memorial Art Mus.), qui était alors à la cour de sa tante Marie de Hongrie à Malines. Un document conservé dans les archives de Lille atteste également que le peintre fut payé en 1554 pour les portraits de "L'Empreur, l'Impératrice, la Royne très chrestienne et ladite Reine Régente à raison de trente cinq escuz chacun tableau". En outre, Coxcie travailla régulièrement pour Charles Quint et reçut de Philippe II le titre de "peintre de la cour".Coxcie apprit à traiter la forme du polyptyque, typiquement flamande, auprès de ses prédécesseurs, en copiant les œuvres de J. van Eyck ("Agneau mystique" : copie de Cocxie, 1566, Bruxelles, M.R.B.A.B.; Berlin, Staatl. Mus.; Munich, A. Pin.) et de R. van der Weyden ("Descente de croix", Escurial, Col. del Real Monasterio) ou en adaptant celles de J. Gossart ("Saint Luc peignant la Vierge", Prague, Rudolfinum) et de Q. Metsys ("Déploration du Christ", Anvers, K.M.S.K.). Dans les volets, il put associer son talent de portraitiste à l'exécution de scènes religieuses, entre autres dans le triptyque Morillon, 1548, représentant la "Résurrection", et le triptyque Hosden, 1571, représentant la "Crucifixion" (tous deux à Louvain, Sted. Mus. Vander Kelen-Mertens) et dans le triptyque de Gillis van Busleyden et de Leonard van Thurn und Taxis, représentant la "Dormition et l'Assomption de la Vierge" (Bruxelles, M.R.B.A.B.).C'est surtout dans les dernières œuvres citées que se retrouve, de façon indéniable, l'influence italienne qui valut à Coxcie d'être surnommé le "Raphaël flamand". Raphaël d'Urbino ne fut pourtant pas, semble-t-il, son unique inspirateur. "Le martyre de saint Sébastien" (1575, Anvers, K.M.S.K.; 1587, Malines, St-Romboutskath.) et "La dernière Cène" (1567, Bruxelles, M.R.B.A.B.; Anderlecht, inst. St-Nicolas) trahissent par exemple le respect que le peintre portait à A. Pollaiuolo et à L. da Vinci. La cathédrale Saint-Michel de Bruxelles conserve aussi une "Dernière Cène" et une "Descente de croix", en forme de triptyque, ainsi qu'un triptyque daté et signé, représentant des scènes de la "Vie de sainte Gudule" (1592).Outre des portraits et des œuvres religieuses, Coxcie réalisa aussi, semble-t-il, des cartons de tapisseries, dont il avait appris la technique auprès de son maître, Van Orley. Grâce à un document d'archives du 28 mai 1563, qui règle sa succession au profit de P. de Kempeneer, on sait que la ville de Bruxelles lui octroya pour ces travaux une somme annuelle de 50 florins du Rhin. Bien qu'aucune source documentaire ne soit venue l'attester jusqu'à présent, de nombreuses séries de tapisseries bruxelloises ont été attribuées à Coxcie, parmi lesquelles la suite de "La Genèse", du château royal de la Wawel à Cracovie, est la plus connue. Les talents de dessinateur de Coxcie furent aussi mis à contribution pour des vitraux. Quand Van Orley ne put achever sa commande pour la cathédrale Saint-Michel, on fit notamment appel à Coxcie en 1542 pour continuer les travaux de la chapelle du Saint-Sacrement de Miracle. Ceci souligne à nouveau la polyvalence caractéristique de ce romaniste flamand.

Rédacteur
Vandermeersch, Joke
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Belgian Art Links and Tools, le 8/02/2010
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